« C’est de la littérature vivante ! »

#GoncourtSuisse - Thomas Klinkert est romaniste et professeur à l’Université de Zurich. Il a proposé à ses étudiants de prendre part à la Liste Goncourt / Le choix de la Suisse. Interview.

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Comment s’est enclenchée votre collaboration avec la Liste Goncourt / le Choix de la Suisse ?

Depuis un an, j’ai pris mes fonctions comme professeur à Zurich, pour la littérature française à partir de la Renaissance jusqu’à l’ère contemporaine. Un ancien ami et collègue de l’Université de Fribourg a su que j’étais nommé à Zurich. Il m’a approché il y a un an et m’a proposé de m’associer à cette entreprise.

Comment avez-vous mobilisé des étudiants ?

Au printemps dernier, j’ai fait un cours sur le roman français du 19e siècle. Une étudiante de mon cours est venue vers moi et m’a demandé si je pouvais lui donner un tutorat. Je lui ai confié la charge d’un cours de lecture pour approfondir la connaissance des textes. Elle s’intéresse beaucoup à la littérature française. Aussi, très naturellement, je lui ai demandé si elle voulait participer à la manifestation de cette Liste Goncourt. Un autre étudiant de mon cours a également été intéressé. Enfin, j’ai contacté une représentante des étudiants qui m’a donné d’autres noms.
Au final, ce sont quatre étudiants de l’Université de Zurich qui sont impliqués dans l’affaire.
Je peux affirmer, à leur sujet, après avoir parlé avec eux, et sur la base de leurs interventions qu’ils font durant mes cours, que ce sont des étudiants très motivés, qui parlent un excellent français, et ont un esprit d’ouverture particulièrement développé. Ils sont de ces étudiants qui, naturellement, font plus que le strict minimum.

Avez-vous le sentiment qu’il est nécessaire de développer des outils pour promouvoir la langue française en Suisse ?

Je pensais que la pratique du français en Suisse était très développée. Mais l’Université de Zurich compte moins d’étudiants en français que l’Université de Fribourg-en-Brisgau, où je travaillais autrefois. Il est vrai que lorsqu’on est francophile en Suisse, on a plutôt tendance à aller étudier à Lausanne, à Fribourg ou à Genève. Néanmoins, ici, à Zurich, beaucoup d’écoles proposent l’apprentissage du français et l’on y cherche de futurs professeurs. Il est donc tout à fait souhaitable d’avoir un nombre plus élevé d’étudiants dans notre université.
Une manifestation comme la Liste Goncourt / Le choix de la Suisse attire l’attention sur nous, sur l’Université de Zurich, sur les possibilités que l’on peut y avoir en tant qu’étudiant. C’est un excellent argument pour la visibilité du français

En quoi cet événement constitue justement un outil pédagogique pour promouvoir la langue française auprès de vos étudiants ?

Je crois qu’il y a parfois une déception de nos étudiants quant à la sélection des textes que nous présentons dans nos cours. Ils se retrouvent dans un cours qui traite d’une œuvre du 17e siècle, qui leur semble très éloignée de leurs préoccupations actuelles. Évidemment nous leur redisons combien il est important de connaître les Classiques pour comprendre une culture. Mais je les comprends, car ce sont leurs contemporains qui les intéressent. Ces écrivains de l’actualité peuvent être une véritable motivation dans l’apprentissage de la langue, dans la mesure où l’on peut les rencontrer dans des salons, des soirées de lectures, dans les rencontres…
Les œuvres qui font partie de la liste Goncourt sont des œuvres d’auteurs contemporains. Les étudiants savent qu’ils vont réellement rencontrer l’auteur qu’ils vont sélectionner. C’est de la littérature vivante !
La contrepartie, c’est le risque que leur sélection soit décevante. Mais le seul fait que ces jeunes fassent cela, se consacrent à cette lecture et à ce processus démontre que c’est quelque chose qui les tentent. Et c’est, quoi qu’il en soit, une action qui permet aux étudiants de s’initier à la littérature française contemporaine.

Quelles sont vos perspectives aux lendemains de l’annonce du lauréat qui aura lieu le 8 novembre 2016, à Berne ?

Aujourd’hui, je laisse nos quatre étudiants travailler et lire et participer à ce processus de sélection. Ensuite, nous pourrons voir ensemble comment travailler là-dessus. Il serait intéressant, par exemple, de prendre certains des livres qui sont sur la liste et d’en faire un cours ; et bien entendu, d’impliquer les étudiants qui participent au jury, de les inviter à s’associer à moi pour ce cours de lecture et pour poursuivre ensemble la réflexion sur les œuvres.

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publié le 07/11/2016

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