Intelligence artificielle : place à l’action en France [de]

Suite à la remise du rapport Villani, la France a présenté son plan d’action. Créer les conditions d’existence d’un écosystème d’innovation, mettre à dispositions les données nécessaires aux innovations en intelligence artificielle, définir un cadre réglementaire et financier acceptable, prendre en compte les enjeux éthiques et politiques sont les quatre piliers de la vision portée par la France. Ce plan d’action débutera dès 2018.

En septembre 2017 a débuté une mission parlementaire menée par Cédric Villani, mathématicien – Médaille Fields - et député, pour faire un état des lieux et réfléchir à la stratégie française et européenne en intelligence artificielle. Lors de la cérémonie officielle de remise du rapport associé, le 29 mars dernier, le président de la République Emmanuel Macron a présenté sa vision pour la France et les actions concrètes qui seront mises en place prochainement.

L’intelligence artificielle : une révolution en marche

Il a tout d’abord rappelé que l’intelligence artificielle (IA) est un sujet qui doit intéresser tout un chacun dès maintenant. L’amélioration des puissances de calcul, l’accessibilité et la multiplication des données et des algorithmes efficaces permettent déjà aujourd’hui l’utilisation de l’IA. Ce n’est que le début d’un large processus.

Poser un cadre éthique

Un premier axe mis en avant par le président de la République est l’importance de réfléchir dès à présent, de manière non partisane, au cadre réglementaire et éthique. Cette réflexion ne doit pas se limiter à la France, mais se faire en collaboration avec chacun des membres de l’Union Européenne et même de manière mondiale. La formation d’un groupement de réflexion dédié international, à la manière du GIEC, a été proposé.

Penser de manière holistique la révolution de l’IA

Ensuite, il est important d’anticiper les conséquences indirectes des innovations en intelligence artificielle sur la population. Premièrement, ce domaine en pleine expansion va requérir de plus en plus de main d’œuvre qualifiée. La France va donc investir pour proposer plus de formations dans ce domaine, pour compléter les formations de grande qualité déjà existantes. Deuxièmement, la reconversion professionnelle tout au long de la vie sera facilitée et encouragée, afin de s’adapter à toutes ces nouvelles révolutions qui s’annoncent. Troisièmement, la France misera sur la transparence, à la fois dans un but de pédagogie et de possibilité de science participative. Pour cela, elle mettra à disposition de manière publique des algorithmes développés sur fonds publics, comme celui du portail d’orientation post-bac Parcours Sup.

Miser sur nos talents et rassembler nos forces

Enfin, la France s’affirme comme un pays souhaitant encourager de manière proactive la recherche en intelligence artificielle. Outre l’accueil sur son territoire de nombreux centre de recherches de grands groupes internationaux, Samsung, Fujitsu, IBM, DeepMind, Facebook et Google notamment, des pôles regroupant les acteurs les plus pertinents du domaine (public, grand groupes, PME, start-ups) seront créés ou soutenus de manière plus importante encore. On peut citer la création de l’Institut Prairie qui rassemblera le CNRS, l’INRIA, l’université PSL et les entreprises Amazon, Criteo, Facebook, Faurecia, Google, Microsoft, NAVER LABS, Nokia Bell Labs, le Groupe PSA, SUEZ et Valeo. De son côté, l’Ecole Polytechnique crée une nouvelle chaire en collaboration avec Google sur l’intelligence artificielle et la vision par ordinateur avancée. De plus, l’innovation sera facilitée via l’assistance à la mise en place de plateforme de partage de données, la mise à disposition des données récoltées sur fonds publics, l’assouplissement pour cause d’expérimentation en condition réelles des lois en vigueur (pérennisation du dispositif France Experimentation), …

publié le 06/04/2018

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