La coopération scientifique et technologique

Informations générales

La France et la Suisse sont caractérisées par un niveau scientifique et technologique élevé et une forte présence dans la coopération internationale. Les relations entre les acteurs français et suisses sont nombreuses, marquées par des contacts directs. A ce jour, les échanges franco-suisses sont plus denses avec la Suisse romande, mais en progression avec la Suisse alémanique.

Faits & chiffres
La France et la Suisse sont des partenaires scientifiques de 1er rang.

- la France est le 4e partenaire scientifique de la Suisse (derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni)
- la Suisse le 7ème partenaire de la France, en nombre de co-publications.
- dans le cadre du 8e Programme cadre de recherche et développement de l’UE (PCRD 2014-2020) la France est le 3ème partenaire de la Suisse, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, avec 702 projets commun et 3 198 liens collaboratifs.

Publications
Publications Indices d’impact de citations normalisé
Suisse 99 087 1,65
France 225 942 1,29
Suisse-France 13 298 2,69
CNRS 91 137 1,21
Suisse- CNRS 5 238 2,5

Les co-publications France - Suisse représentent 6% de la production scientifique française et 13% de la production scientifique suisse.
Près de 40% des publications franco-suisses sont faites avec une unité CNRS. Cette coopération représente un peu plus de 5% des publications du CNRS.

Les principaux partenaires suisses du CNRS sont (seuil de 100 chercheurs maximum) : l’Université de Genève, l’EPF Zurich, L’EPF Lausanne, l’Université de Lausanne, l’Université de Berne.

L’université de Genève est le 1er partenaire suisse du CNRS et son 15ème partenaire dans le monde.

Les principales thématiques sont (seuil de 100 chercheurs maximum) : Astronomie et Astrophysique, Géoscience, Sciences des matériaux, Ecologie et sciences de l’environnement, Biochimie et biologie moléculaire.

Relations bilatérales


Les Rencontres franco-suisses de coopération universitaire, scientifique et technologique

Organisées tous les deux ou trois ans, elles réunissent les représentants du monde universitaire et scientifique des deux pays pour évoquer les stratégies internationales des établissements, la coopération transfrontalière et les nouvelles perspectives de la coopération franco-suisse.

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Visite de Mme Frédérique Vidal. Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation- Juillet 2019

Dans le cadre de la XVIe édition, la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mme Frédérique Vidal, a rencontré la Secrétaire d’Etat suisse à la Formation, à le Recherche et à l’Innovation, Mme Martina Hirayama, sur le campus de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, le 1er juillet 2019.

Etaient présents des Présidents et Recteurs d’université, des représentants de la Conférence des Professeurs d’Université, de la Conférence des Grandes Ecoles, du CNES et de l’Agence Nationale de la Recherche, du Fonds National Suisse de la recherche scientifique et d’Innosuisse.

Le programme PHC – Germaine de Staël
Mis en place en 2003, cet instrument de coopération bilatérale offre un soutien financier pour le déplacement de chercheurs et particulièrement de jeunes chercheurs, favorisant les échanges et les collaborations franco-suisse dans le domaine de la recherche. Du côté suisse, il est mis en œuvre par l’Académie suisse des sciences techniques (SATW). Depuis sa création, le PHC a soutenu plus de 200 projets (certains donnant lieu à des projets du PCRD de la Commission Européenne). En 2019, 11 projets ont été reconduits pour une seconde année et 9 nouveaux projets ont été retenus.
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La coopération entre la Suisse et les grands organismes de recherche français (OR)

L’Agence nationale de la Recherche (ANR)
En 2014, un accord bilatéral « Lead Agency » entre l’ANR et le Fonds National Suisse (FNS) a été signé afin de dynamiser les projets frontaliers. Ce partenariat propose un appel à projets de recherche franco-suisse annuel à destination des équipes françaises et suisses pour faire émerger des équipes d’excellence européennes et internationales. Il couvre tous les domaines scientifiques.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
La Suisse est un partenaire important du CNRS, près de 40% des publications franco-suisses sont faites avec une unité CNRS. Les principaux partenaires suisses du CNRS sont : l’Université de Genève, l’ETH Zurich, l’EPF Lausanne, l’Université de Lausanne et l’Université de Berne. Les principales thématiques concernées sont : Astronomie et Astrophysique, Géoscience, Sciences des matériaux, Ecologie et sciences de l’environnement, Biochimie et biologie moléculaire.

Le CNRS compte actuellement 16 actions de collaboration structurée avec la Suisse : 1 International Research Projects (IRP), 10 International Research Networks (IRN) et 5 International Emerging Actions (IEA).

Pour en savoir plus, télécharger la fiche CNRS de coopération scientifique avec la Suisse

En 2013 a été créé le collegium - SMart sYstems for a better LifE (SMYLE). Cette action structurante, première du genre par son caractère international, permet d’établir un partenariat à long-terme associant la recherche, la formation et l’innovation dans le domaine des sciences et technologies de l’ingénieur.
Partenaires : CNRS, Université de Franche-Comté, école nationale supérieure de mécanique et microtechniques de Besançon, Université de Technologie Belfort-Montbeliard (tutelles de FEMTO-ST) et EPF de Lausanne.
Ce collegium permettra aux équipes transfrontalières (région de l’arc jurassien) d’obtenir une taille critique, nécessaire à une visibilité internationale dans le domaine des systèmes intelligents. Quatre axes de recherche sont poursuivis : l’imagerie biomédicale in vivo, la microrobotique multi échelle pour le biomédical, l’alliance des MEMS et du temps-fréquence, la photonique.

Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)
En 2005, une plateforme dédiée à la recherche microtechnique sur les supports polymères a été initiée entre le CEA et le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM). A partir de cette base, a été créé l’Heterogeneous Technology Alliance (HTA), dont l’accord a été signé en janvier 2006 à Bâle. Cette alliance dans les domaines des microtechnologies, de la nanoélectronique et des systèmes intelligents, regroupe quatre grands instituts européens de recherche en micro et nanotechnologies : le CSEM (Neuchâtel), le CEA-Leti (Grenoble), le Fraunhofer-Verbund Mikroelektronik (Berlin) et le Technical Research Center of Finland-VTT (Espoo). Regroupant plus de 5 000 scientifiques et travaillant en partenariat avec les industriels européens (Globalfounderies, SOITEC, Murata, Nestlé), la HTA constitue l’un des plus puissants réseaux mondiaux dans le domaine des nanotechnologies. Le 10e anniversaire de ce partenariat stratégique a été célébré le 24 avril 2018 à Bruxelles.

L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)
Créé en 2014, le laboratoire international EPFL-Inriaréunit des équipes universitaires de deux des principaux acteurs de l’informatique en Europe pour travailler sur des projets de recherche commun dans le domaine des systèmes informatiques à grande échelle tels que la collecte et le traitement de grandes quantités de données, le respect de la vie privée, ou encore la personnalisation et l’utilisation des services Internet. Le dernier workshop s’est tenu le 9 et 10 janvier 2020 à l’Inria Grenoble. L’actuelle directrice, Anne-Marie Kermarrec, a reçue en 2019 la distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur de la France.

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
La Suisse est le 6e partenaire mondial de l’Inserm, avec environ 315 partenariats. Il compte parmi ses partenariats avec la Suisse :
- un Laboratoire européen associé (LEA) : Emerging Antibiotic Resistance in Gram-negative Bacteria (EmergATB-Resist) impliquant l’Université de Fribourg.
- un Groupement de recherche international (GDRI) : Advancing Epigenetics Towards Systems Biology (EPIGENESYS) impliquant l’Université de Bâle, le Friedrich Miescher Institute for Biomedical Research, l’EPF Zurich et l’Université de Zurich.

L’Institut Pasteur
En 2010 a été créée à Genèvela Fondation Pasteur Suisse. Reconnue d’utilité publique, elle soutient les collaborations de recherche scientifique entre l’Institut Pasteur et des structures suisses poursuivant des buts similaires. Elle propose également un programme de bourses pour doctorants français et suisses. La Fondation est présidée par le Prof. Stewart Cole, Directeur général de l’Institut Pasteur et professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (de 2007 à 2017), où il dirigeait l’Institut de Recherche en infectiologie.

Autres organismes
La quasi-totalité des grands organismes de recherche français entretiennent des relations avec la Suisse, par liens directs ou dans un cadre multilatéral. En plus de ceux énoncés précédemment, on peut citer l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes (Cirad) et l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV).

La coopération transfrontalière
La proximité géographique entre la France et la Suisse permet la mise en place de collaborations denses entre régions voisines.
Interreg V France-Suisse - PNG

Le Programme Interreg V France-Suisse
Dans le cadre des programmes de coopération territoriale européenne,le programme Interreg V France-Suisse (2014-2020) soutient des projets transfrontaliers impliquant a minima un partenaire français et un partenaire suisse. Côté français, il est financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et côté suisse, par des crédits fédéraux et/ou cantonaux. La zone de coopération recouvre 5 départements français et 7 cantons suisses. Le programme a soutenu 87 projets de recherche transfrontaliers depuis 2014, dans les thématiques suivantes : Recherche et innovation (37 projets), Patrimoine naturel et culturel (31), Mobilité transfrontalière (7), Emploi et mobilité de la main d’œuvre (12).

Autres partenariats

Dans le cadre de son soutien à l’excellence scientifique, et aux échanges dans une institution étrangère, la Suisse soutient l’Institut d’Études Avancées de Nantes et la Fondation suisse à la Cité Internationale Universitaire de Paris.

Relations multilatérales

La France et la Suisse participent à plusieurs programmes multilatéraux et grandes infrastructures de recherche.

A l’échelle européenne :

La Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique (COST), le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), l’Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF), l’Observatoire européen austral (ESO), l’Agence Spatiale Européenne (ESA), l’Institut Laue-Langevin (ILL), le Centre européen pour les prévisions météorologiques de moyen terme (CEPMMT), le récent laser européen à électrons libres (XFEL) et la future source européenne de spallation (ESS) en cours de construction à Lund, en Suède.

Le programme Procope Plus (France - Allemagne - Suisse)
Depuis 2017, le programme de coopération franco-allemand Procope Plus, mis en place par l’Ambassade de France à Berlin, permet d’intégrer un partenaire suisse. Le programme soutien l’organisation de colloques scientifiques et de rencontres d’experts afin de structurer et développer des réseaux de recherche. En 2018, 7 projets incluant un partenaire suisse ont été retenus. Interrompu pour l’année 2019, le programme doit reprendre en 2020.
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A l’échelle internationale :

L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN)
La Suisse est, avec la France, l’un des pays-hôtes de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Situé dans la région frontalière franco-suisse aux portes de Genève, le CERN occupe près de 2 600 personnes qui collaborent avec environ 11’000 chercheurs invités du monde entier pour faire progresser les connaissances scientifiques dans le domaine de la physique nucléaire et des particules. Depuis plus de 60 ans, le CERN joue un rôle de premier plan dans toutes les grandes découvertes sur la structure de la matière. Il étudie l’origine et la nature des composants fondamentaux de la matière ainsi que les forces qui les relient. La découverte de la particule de Higgs au CERN a été récompensée par le prix Nobel de physique en 2013. Lancé en 2010, le nouvel instrument LHC à haute luminosité (HL-LHC) pour accroître la luminosité de l’accélérateur, devrait être mis en service en 2026.

A ce jour, on compte 23 pays membres du CERN : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, Israël, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Serbie, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.

La Suisse finance en général un peu plus de 4% du budget annuel global du CERN qui se monte à un peu plus d’un milliard de francs. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) est responsable de la participation de la Suisse au CERN.

Le réacteur expérimental international Thermonucléaire (ITER)
C’est à ce jour, le plus important projet au monde de réacteur expérimental à fusion nucléaire. Le réacteur expérimental, basé sur la technologie du Tokamak, est actuellement en construction en France, à Cadarache, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sera utilisé, à terme, pour mettre au point un réacteur thermonucléaire permettant la production massive d’énergie. Les enjeux de cette expérience sont considérables. Le développement des technologies nécessaires à l’exploitation industrielle de la fusion nucléaire doit permettre d’apporter dans la seconde moitié du XXIe siècle une réponse durable aux besoins énergétiques d’une société écologiquement responsable et au bilan carbone neutre. L’exploitation des installations devrait débuter en 2025 et les expériences nucléaires décisives en 2035.

Le projet rassemble 35 nations dont l’Union européenne, la Suisse, le Japon, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis. La Suisse participe à cet effort depuis son démarrage avec un statut équivalent à celui d’un État membre de l’Union européenne.

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ITER Organization/EJF Riche

La France et la Suisse sont également membres de la Commission internationale pour l’exploration scientifique de la méditerranée (CIESM), du Human Frontier Science Program (HFSP) ainsi que du projet European Plate Observing System (EPOS) lancé en 2018.

Actions du service de coopération à Berne

Découvrir notre action en faveur de la coopération scientifique et universitaire franco-suisse.

Diplomatie scientifique française

La diplomatie scientifique française comporte cinq priorités d’action :

1. Accroître la visibilité, l’influence et l’attractivité de la recherche française à l’échelle mondiale
2. Établir des partenariats basés sur l’excellence et renforcer davantage l’engagement de la France sur les enjeux scientifiques globaux
3. Promouvoir la recherche pour le développement et associer des entreprises aux actions et aux financements français
4. Favoriser et financer la mobilité internationale des chercheurs, en s’appuyant sur les nombreux outils de coopération
5. Renforcer le soutien du réseau à l’innovation, à travers le développement de partenariats public-privé

La France est également présente dans les grandes enceintes scientifiques comme les conventions intergouvernementales portées par l’Institut polaire français Paul-Émile Victor ainsi que les différents programmes mondiaux de recherche, en particulier ceux portant sur l’étude du climat.

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Catherine Brechignac

Depuis 2010, la promotion de l’excellence scientifique et technologique française est coordonnée par Catherine Bréchignac, ambassadrice déléguée à la science, la technologie et l’innovation.

publié le 29/12/2020

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