« Le FFFH est un bel exemple du bilinguisme actif »

Cinéma - Christian Kellenberger est le cofondateur et directeur du FFFH (Festival du Film Français d’Helvétie). Pour sa 14e édition, ce festival dédié uniquement au cinéma français/francophone renforce sa présence à Bienne et à Berne. Rendez-vous du 12 au 16 septembre 2018.

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Vous semblez faire de la défense du bilinguisme une affaire personnelle. D’où cela vous vient-il ?

Je suis né à Genève, mon papa est appenzellois et ma maman vaudoise. 12 ans plus tard, nous avons déménagé dans la région de Bienne, à Orpund plus précisément. Bien que je ne maîtrisasse pas la langue de Goethe, j’ai eu la chance d’aller à l’école en allemand et petit à petit, j’ai pris goût à la culture germanophone. Mon cercle d’amis s’est élargi aux deux régions linguistiques principales de notre pays, j’apprécie les deux cultures même si je pense et je rêve en français. Le FFFH est à mon avis un bel exemple du bilinguisme actif cher à notre canton et à notre ville de Bienne, il est le seul événement en Suisse où les publics francophones et germanophones se mêlent véritablement. Toutefois, nous ne ménageons pas nos efforts pour que ça fonctionne. Le FFFH est un pont entre les communautés à triple sens : d’un point de vue économique, la majorité de nos partenaires sont alémaniques. D’un point de vue de la fréquentation, nous sommes ravis de constater que la moitié du public présent est d’origine alémanique. D’un point de vue programmation, nous tentons de sous-titrer la majorité des films en allemand et inviter les germanophones aux débats et discussions en les traduisant simultanément. Les romands sont minoritaires à Bienne et à Berne et de ce point de vue, notre Festival renforce l’identité francophone des deux villes et du canton.

Quels sont vos critères pour réaliser la sélection du FFFH ?

JPEGLe critère principal est le pays de production : La France et les pays francophones. Notre événement est le seul festival en Suisse dédié uniquement au cinéma français/francophone. Petit à petit, les sections se sont élargies pour obtenir une vision très large de ce qu’est le cinéma français aujourd’hui. La France est le troisième pays producteur de cinéma dans le monde, plus de 300 longs-métrages sortent chaque année dans les salles. Parmi eux, de nombreuses coproductions avec la France. Notre envie est de présenter au public toute l’envergure du cinéma français et ses différentes facettes, raison pour laquelle certains films sont parlés dans une autre langue que le français. Cependant, nous privilégions tous les genres de films (fictions, animations, documentaires) afin d’être accessible pour tous les publics. L’autre critère essentiel est basé sur l’exclusivité. Notre Festival présente uniquement des Avant-premières. Comme les villes de Bienne et de Berne font partie du territoire alémanique en termes de marché du film, nous tentons de présenter le meilleur de la production cinématographique française aux deux régions linguistiques. De ce fait, nous présentons un doux mélange d’avant-premières européennes, suisses et suisse-alémaniques, parfois mondiales comme ce fût le cas l’année dernière avec Je vais mieux de Jean-Pierre Améris.

Quelle est l’ambition de l’organisation du FFFH en ville de Berne pour la deuxième année consécutive ?

En 2017, l’objectif quantitatif bernois a été atteint, ce qui avait constitué pour notre comité une grande satisfaction. Nous sentons clairement que le Festival détient du potentiel à Berne. Le public était attentif, chaleureux et intéressé, comme s’il se réjouissait de posséder un événement cinématographique avec des débats et des intervenants de qualité dans leur ville. À nous de tirer profit des récentes expériences et d’adapter au mieux le concept. Le fait que plusieurs salles de cinéma ferment leurs portes au centre-ville de Berne ne font qu’augmenter notre motivation à faire rayonner le cinéma dans la capitale. Le point principal sur lequel nous travaillons, c’est de se faire connaître auprès du public germanophone, puisqu’en 2017, 70% de notre public bernois parlait français. Pour y arriver, nous avons conclu cette année deux importants partenariats avec les médias Radio BE1 et le BKA, qui seront aussi tous deux partenaires de la projection de la Journée des Enfants, nouveau projet qui sera réalisé le samedi matin à Berne. Les enfants possédant une invitation pour cette journée rouleront en bus et accèderont gratuitement à la projection dont les bénéfices seront versés à une organisation caritative locale, selon la devise « Par le rire des uns, redonner le sourire aux autres ». Notre volonté est d’accueillir cette année 2 300 festivaliers, ce qui représente une augmentation de plus de 50 % en rapport à 2017. Un objectif ambitieux que nous tenterons d’atteindre. Nous développerons aussi le Festival des Scolaires cette année à Berne.

Vous avez beaucoup d’amis au FFFH, ce qui vous vaut notamment des bande-annonces collector. Avez-vous encore besoin d’amis, par exemple pour le Jury des jeunes et pour votre STAFFH cette année ?

Les Amis du FFFH sont la base de notre motivation, certains nous encouragent depuis les prémices, le taux de fidélité dépasse les 90 %, cela nous donne une force incroyable. Il faut cependant faire une distinction entre Les Amis du FFFH qui offrent un soutien financier bienvenu pour développer nos activités et les personnes bienveillantes qui nous soutiennent activement dans le cadre de notre Festival. Chaque année, entre 70 et 80 bénévoles rejoignent le projet pour soutenir l’organisation du FFFH à des niveaux très différents (promotion, hospitalités, aide au montage et démontage, décoration, Journée des Enfants, etc.). Nous avons continuellement besoin de bénévoles puisque le Festival s’agrandit chaque année, Berne en est la preuve. Nous invitons de ce fait les personnes intéressées à se rendresur notre rubrique STAFFFH sur notre site Internet. Le Jury des Jeunes est un événement conçu pour les jeunes de 15 à 25 ans intéressés par le cinéma. Chaque année, 5 candidats sont choisis selon leurs dossiers de candidature. Guidés et motivés par un écrivain-réalisateur, ils visionnent cinq films en présence des talents, posent leurs questions avant de rédiger deux critiques publiées sur notre site. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 24 août, il suffit de remplir le formulaire et de l’adresser au Festival. D’autres projets pour les jeunes sont organisés dans le cadre du FFFH, tels le Festival des Scolaires ou le projet CinéCivic dans lequel les cinéastes bernois lauréats du concours se verront remettre un « Prix FFFH_Canton de Berne » le samedi 15 septembre à Bienne. Des activités sont également prévues pour les juniors, tels les ateliers cinéma ou la Journée des Enfants.
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Festival du Film Français d‘Helvétie
14e édition, 12-16 septembre 2018, Bienne & Berne
www.fffh.ch

publié le 29/08/2018

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