Lili Hinstin : « C’est une année particulièrement forte pour le cinéma français »

LOCARNO - La française Lili Hinstin a repris la direction artistique du célèbre festival international de cinéma. A quelques heures de l’ouverture, elle nous parle de la sélection 2019.

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Lili Hinstin, nouvelle directrice artistique du Locarno Film Festival
CREDIT / Locarno Film Festival

Les films français sélectionnés cette année à Locarno ont-ils des points communs ?
Certains films sont très « français » ! Par exemple La sainte famille [première mondiale, hors compétition] du comédien Louis-Do de Lencquesaing, avec Marthe Keller, une grande actrice suisse, est très « français » dans le sens où il décrit avec beaucoup d’humour, d’ironie et de générosité une famille de la vieille aristocratie française. Très « française » aussi, la comédie romantique Notre Dame de Valérie Donzelli (en première mondiale sur la Piazza) qui est un film très moderne et très parisien car il montre Notre Dame, bien sûr, mais aussi une façon très française de vivre l’amour au 21e siècle... Très « française » aussi, la comédie de Jeanne Balibar Merveilles à Montfermeil, avec Emmanuelle Béart, Mathieu Amalric et Ramzy Bédia. C’est une comédie complètement déjantée : l’histoire d’une maire fraîchement élue qui met en place tout un tas de réformes plus farfelues les unes que les autres. Dans les autres films français, je citerai aussi Les Enfants d’Isadora de Damien Manivel, l’un des jeunes cinéastes les plus prometteurs en France. C’est un film absolument magnifique… On a de très beaux films français cette année. Je pense que 2019 est une année particulièrement forte pour le cinéma français, à la fois sur la Piazza grande et dans les autres compétitions.

La sélection de films français à Locarno : un festival de premières mondiales à découvrir sur le site d’Unifrance et dans notre communiqué.

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Le cinéma français à l’honneur à Locarno_communiqué de presse (PDF - 492.8 ko)

Avez-vous un coup de cœur dans cette sélection française ?
Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un film qui compte particulièrement pour moi et que je n’ai pas encore cité : Douze mille, une fable politique très forte sur les rapports entre le désir et l’argent. C’est le premier long métrage de fiction d’une jeune réalisatrice française qui s’appelle Nadège Trébal dont j’avais montré le précédent film au Festival Entrevues Belfort.

Quel est votre critère pour sélectionner un film ?
Nous cherchons des films qui ont une proposition de mise en scène forte, des cinéastes qui trouvent une forme personnelle de montrer ce qu’ils ont envie de raconter. C’est ma première édition et j’espère qu’elle sera à la hauteur des 71 précédentes. Locarno est un festival qui a toujours travaillé avec la prise de risque et j’espère que notre sélection va à la fois surprendre, questionner et émouvoir les spectateurs cette année.

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La magie du cinéma sur la Piazza grande
CREDIT / Locarno Film Festival

Le cinéma suisse et le cinéma français se ressemblent-ils ?
Non. Heureusement ! Dans ces deux cinématographies, il y a des films tellement différents. Ce sont deux territoires de cinéma si vastes qu’on ne peut pas les caractériser – à part dans le cas des grandes comédies populaires, qui jouent en général sur des traits nationaux très marqués, mais ce n’est pas le cinéma qu’on montre à Locarno.

Que souhaitez-vous apporter personnellement au Festival de Locarno ?
J’aimerais ouvrir Locarno au jeune public, en inventant des dispositifs de programmation, par exemple, pour faire que le plus de jeunes possible puissent venir aux projections et je souhaite bien sûr que les Festival reste qualitatif, en invitant toujours de grands cinéastes contemporains, tout en continuant son rôle de « découvreur » et de « tête chercheuse » de jeunes talents.

Comment se passe votre nouvelle vie en Suisse ?
Je me suis installée au Tessin début juillet. Auparavant je vivais à cheval entre la France et la Suisse. J’ai encore beaucoup de choses à découvrir ici ! Je parle couramment italien mais pas très bien allemand. J’en ai fait un peu à l’école mais j’aimerais bien l’apprendre. Ce que j’adore à Locarno, en tant que parisienne, ce sont les avantages d’être dans une petite ville… et bien sur le lac ! Pouvoir me baigner tous les soirs après le travail, c’est très appréciable !

Lili Hinstin, une cinéphile française
Née à Paris en 1977, elle a fondé la société de production Les Films du Saut du Tigre. Elle a été responsable des activités cinématographiques de l’Académie de France à Rome entre 2005 et 2009 puis adjointe à la direction artistique de Cinéma du Réel de Paris entre 2011 et 2013. Elle a dirigé ensuite le Festival Entrevues Belfort, l’un des rendez-vous essentiel du cinéma français. Cinéphile avertie, Lili Hinstin connaît bien le cinéma français mais aussi le cinéma suisse. Elle a été nommée directrice artistique du Festival de Locarno en août dernier.
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Lili Hinstin
CREDIT / Locarno Film Festival

publié le 12/08/2019

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