Ne pas oublier : déportée d’Auschwitz-Birkenau, Ginette Kolinka témoigne en Suisse

Bienne, le 29 février 2020 - Les élèves des écoles francophones du canton de Berne ont répondu présents pour écouter Madame Ginette Kolinka, l’une des dernières témoins directes de la Shoah.

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La direction de l’instruction publique du canton de Berne et l’ambassade de France avaient réuni les élèves de 11 Harmos (équivalent 3ème française)
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Ginette Kolinka au bras de Philippe Cerf, premier conseiller de l’ambassade de France

Cette journée est hors du temps, pas seulement car nous sommes le 29 février d’une année bissextile, mais parce que Ginette Kolinka, 95 ans, a su transmettre aux jeunes gens présents son lourd devoir de mémoire.

C’est avec une grande énergie et un discours sans euphémisme qu’elle raconte sa déportation en 1944 , à l’âge de 19 ans, alors que les rouages de la machine de mort sont parfaitement huilés.

Elle détaille son arrivée au camp de Auschwitz-Birkenau, les tatouages, la honte, la tonte de ses cheveux et ses parties intimes, puis, le temps se floute avec la faim et l’épuisement.

En quelques heures, on m’a changée, c’est plus Ginette

Elle évoque les passeurs, les femmes au regard hagard, la cruauté, et son incrédulité quand on lui annonce que "la fumée, c’est leurs corps qui brûlent" :

Mais qu’est ce qu’elles nous racontent (...) on va pas assassiner des gens parce qu’ils sont juifs, non, elles nous racontent des blagues (...)

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Questions-réponses avec Ginette Kolinka

Dans la salle, les questions du jeune public viennent rompre le silence attentif. Les réponses sont franches :

  • Est-ce qu’il n’y avait que des choses négatives dans cette période ?
    - Pour moi oui (...) les amitiés je ne m’en suis pas faites...
  • Avez-vous une espèce de haine pour les allemands ?
    - Je fais la différence entre les allemands et les nazis
  • Aviez-vous l’espoir de rentrer chez vous ?
    - Mon cerveau était incapable de penser (...) sincèrement le mien était vide
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L’urgence du témoignage - article de Nicole Hager, Journal du Jura
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Ginette Kolinka décrit aussi les retrouvailles avec sa maman et ses sœurs qui ont eu pu s’échapper à temps.
Elle même, cherche des réponses :

J’ai toute une liste de questions que je voudrais poser à des camarades (...) et petit à petit, plus personne ne pourra répondre à mes questions

Regardez le témoignage introduit par Madame Nadine Fink, enseignante à la Haute école pédagogique (HEP) du canton de Vaud et coordinatrice d’ouvrages sur la Shoah.

publié le 10/03/2020

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