ONU : discours de M. Emmanuel Macron, président de la République [de]

25 septembre 2018 à New York : discours de M. Emmanuel Macron à la 73ème Assemblée générale de l’ONU - Extraits

Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations unies,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,

(…)
Née d’une espérance, l’ONU peut devenir, comme la Société des Nations qui l’a précédée, le symbole d’une impuissance. Et nul n’est besoin de chercher les responsables de ce délitement, ils sont ici, dans cette assemblée. Ils prennent la parole aujourd’hui. Les responsables, ce sont les dirigeants que nous sommes.

À partir de ce constat, trois grandes voies se présentent au fond devant nous.

La première, c’est celle de penser qu’il s’agit d’un moment, d’une parenthèse dans l’Histoire avant un retour à la normale. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas car nous traversons une crise d’efficacité et de principe de notre ordre mondial contemporain qui ne pourra plus retrouver ses repères et son fonctionnement d’avant. Le moment que nous vivons n’est pas une parenthèse : il exprime nos propres insuffisances passées.

La deuxième voie, ce serait celle de la loi du plus fort. C’est la tentation pour chacun de suivre sa propre loi. Cette voie, je l’affirme ici, celle de l’unilatéralisme, elle nous conduit directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun, même de celui à terme qui se croit le plus fort. La responsabilité de la paix ne se délègue pas, ne se refuse pas, ne se préempte pas, elle s’exerce collectivement. La loi du plus fort ne protège aucun peuple contre quelque menace que ce soit, qu’elle soit chimique ou nucléaire.
Qu’est-ce qui permettra de régler véritablement la situation en Iran et qu’est-ce qui déjà a commencé à permettre de la stabiliser ? La loi du plus fort, la pression d’un seul ? Non ! Nous savons que l’Iran était sur la voie du nucléaire militaire, mais qu’est-ce qui l’a stoppé ? L’Accord de Vienne de 2015. Nous devons aujourd’hui, comme je le disais il y a un an, non pas exacerber les tensions régionales, mais proposer un agenda plus large permettant de traiter toutes les préoccupations nucléaires, balistiques, régionales causées par les politiques iraniennes, mais dans le dialogue et le multilatéralisme. Sans naïveté ni complaisance, mais sans des postures qui, à terme, ne manqueraient pas d’être stériles.
Qu’est-ce qui réglera le problème des déséquilibres commerciaux et toutes leurs conséquences sur nos sociétés ? Des règles communes adaptées à la réalité d’aujourd’hui et permettant d’assurer des conditions de concurrence loyale, égale et en aucun cas un traitement bilatéral de tous nos différends commerciaux ou un nouveau protectionnisme.
Qu’est ce qui permettra de régler la crise entre Israël et la Palestine ? Pas des initiatives unilatérales, ni le fait d’ignorer les droits légitimes des Palestiniens pour obtenir une paix durable, ni de sous-estimer le droit légitime des Israéliens à leur sécurité. Il n’y a pas d’alternative crédible à la solution de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale. Israël sait que la France a pour elle une amitié indéfectible et c’est au nom de cette amitié que je l’appelle à mettre rapidement un terme à la politique des faits accomplis qui menace la possibilité même d’aboutir à un accord de paix. Poursuivre dans cette voie serait une erreur.

(…)
Vous l’avez compris, face aux déséquilibres contemporains, je ne crois pas à la loi du plus fort, quand bien même elle s’habillerait d’une forme de légitimité là où elle a perdu en réalité toute espèce de légalité.

Je crois à une troisième voie possible devant nous, sans doute la plus difficile, sans doute la plus exigeante, qui nous impose de forger ensemble un nouveau modèle, de trouver ensemble un nouvel équilibre mondial.
Car après une forme de modèle d’hyperpuissance, nous assistons depuis plusieurs années à une nouvelle instabilité du monde marquée par le retour des puissances multiples.

Le nouvel équilibre que nous devons créer doit reposer sur de nouvelles formes de coopérations régionales et internationales et se structurera selon moi autour de trois principes : le premier, c’est le respect des souverainetés, au fondement même de notre charte ; le second, c’est le renforcement de nos coopérations régionales ; et le troisième, c’est l’apport de garanties internationales plus robustes. Et c’est cette méthode, c’est autour de ces trois principes que nous devons veiller à régler les situations de crise contemporaines.

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Discours de M. Emmanuel Macron, président de la République
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Ainsi, en Syrie, nous poursuivons la lutte contre le terrorisme islamiste. Les engagements militaires de certains pays ont permis au régime de se rétablir au prix de crimes dont les responsables devront un jour rendre compte. Le peuple syrien en a tragiquement payé le prix, et il n’y aura pas de vainqueurs dans une Syrie en ruines. Ce qu’il faut maintenant, c’est gagner la paix sous l’égide des Nations unies. Il ne nous revient pas de décider pour le peuple syrien, mais bien de construire les voies et moyens de cette méthode que je viens de définir et donc de construire une solution portée, non seulement par les États garants d’Astana, mais aussi d’autres États régionaux et la communauté internationale à travers le Small Group, de le faire sous la coordination des Nations unies et du représentant spécial du secrétaire général, afin de créer, d’une part, de régler la crise humanitaire, et d’autre part, de construire une solution politique inclusive durable à travers la réforme constitutionnelle et l’organisation d’élections libres.

C’est cela, respecter véritablement la souveraineté syrienne ! Ça n’est ni se substituer au peuple syrien pour décider qui doit être son dirigeant ni accepter de couvrir tous les crimes en acceptant que ce dirigeant reste jusqu’à la fin des temps en considérant que nous n’avons plus de principes et, au fond, plus de droits.

En Libye, là aussi, c’est cette nouvelle méthode qui doit nous permettre de faire advenir une solution durable. Le statu quo actuel permet aux milices, aux trafiquants de gagner du terrain, déstabilisant toute la région. Nous ne donnerons pas au Libyens les moyens d’en sortir si nous continuons de nous diviser, si la Libye devient le terrain, comme elle l’est encore trop souvent, de confrontations des influences étrangères.
À Paris, les Libyens ont pris l’engagement d’organiser rapidement des élections qui permettront de réunifier les institutions de l’État. Il faut que ces engagements soient tenus sous l’égide des Nations unies, avec une coopération étroite de l’Union africaine.

Hier, une étape importante a été franchie et je veux ici la saluer, c’est l’intérêt des Libyens comme de leurs voisins, des Européens et de la communauté internationale qui doit être unie autour de ces objectifs d’avancer ainsi.
Nous sommes, tous ensemble, forts face au terrorisme quand les États peuvent compter sur leurs propres forces pour assurer leur sécurité et quand cette sécurité sait aussi s’articuler sur des solutions régionales et internationales suivant le principe que je viens d’édicter.

C’est la décision prise par les États du Sahel qui agissent ensemble au sein de la Force du G5. C’est le sens du processus lancé par l’Union africaine pour mieux prendre en charge ses responsabilités au travers des opérations africaines de paix. C’est le sens des initiatives prises dans la région du lac Tchad, elles aussi accompagnées par le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et portées par l’Union africaine.
C’est pourquoi nous devons soutenir cette initiative de l’Union africaine, pousser à une meilleure articulation entre l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies. Je souhaite que d’ici la fin de l’année, une résolution puisse être prise en ce sens.
Nous sommes forts face au terrorisme quand nous savons prendre ensemble nos responsabilités pour lutter contre toutes les formes de son financement, quand nous sommes capables, comme nous le faisons dans l’Alliance pour le Sahel, d’agir ensemble pour le développement, l’agriculture, l’éducation, contre les racines du désespoir qui ont permis aux terroristes de capturer les âmes.
7,5 milliards de dollars sont d’ores et déjà engagés dans 500 projets définis conjointement avec tous les États concernés et les partenaires de l’Alliance pour le Sahel. Ce sont ces premiers résultats que nous devons consolider.

(…)
Seule l’action collective permet de préserver la souveraineté et l’égalité des peuples qui nous ont donné mandat. C’est cette même exigence que nous devons porter face aux défis démographique, climatique, numérique qui sont ceux devant nous et qu’aucun d’entre nous ne pourra affronter seul.

(…)
La seule façon efficace de gérer de manière organisée et maîtrisée les flux migratoires qui touchent tous nos continents, c’est de créer les conditions d’une mobilité internationale choisie et non subie, de travailler ensemble, pays d’origine, de transit, de destination, pour s’attaquer aux causes profondes de ces migrations, surtout quand elles sont subies, démanteler les réseaux de trafiquants qui sont le pire fléau de cette situation et protéger nos frontières de manière respectueuse tout en assurant le respect de notre droit international et en particulier la protection inconditionnelle de ceux qui ont droit à l’asile. C’est cela que nous avons décidé de faire ensemble dans le pacte des Nations unies qui sera adopté à Marrakech en décembre et que je soutiens.

(…)
Nous avons progressé pour réduire les inégalités entre nos pays, et nous nous en sommes donné le cadre avec l’agenda 2030 pour le développement, mais ce combat n’est pas derrière nous, il est loin d’être achevé. La richesse par habitant est 50 fois supérieure dans les pays de l’OCDE à ce qu’elle est dans les pays à faibles revenus. Pensons-nous que durablement nous pouvons construire la stabilité, les équilibres avec une telle situation ? Non, nous devons agir !

C’est pour cette raison, comme je l’avais annoncé ici l’année dernière, que j’ai décidé d’augmenter l’aide publique au développement de la France d’un milliard d’euros dès 2019. Nos crédits humanitaires augmenteront quant à eux de 40 %.
Mais c’est aussi pour cela que la lutte contre les inégalités sera la priorité de la présidence française du sommet du G7 en 2019. En effet, la France aura après le Canada, dont je veux ici saluer le leadership, la prochaine présidence du G7, dont je souhaite revoir le format en profondeur pour mieux associer plusieurs autres puissances et travailler à de nouvelles formes de coordination.

C’est aux Nations unies que je tenais à dire en premier que cet agenda des inégalités sera au cœur du prochain G7. C’est devant vous aussi que je m’engage à venir rendre compte des résultats du G7 de Biarritz en septembre prochain, parce que le temps où un club de pays riches pouvait définir seul les équilibres du monde est depuis longtemps dépassé. Parce que le destin de chacun des pays qui le composent est indissociable de celui de tous les membres de cette assemblée.

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Nous avons tenu l’engagement pris ici même l’an dernier avec le président du Sénégal, la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation en février à Dakar a permis de lever 2,5 milliards de dollars pour développer l’accès à l’éducation dans le monde. C’est un montant historique. La France y a multiplié par 10 sa contribution. La mobilisation du G7 déjà engagée sous la présidence canadienne devra permettre d’aller plus loin.

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Nous devons aussi lutter ardemment contre les inégalités liées au genre. J’ai fait en France de l’égalité femme-homme la grande cause de mon quinquennat et je lance ici un appel pour en faire avec vous une grande cause mondiale. Les femmes et les filles sont les premières touchées par la pauvreté, les conflits, les conséquences du réchauffement climatique, elles sont les premières victimes des violences sexistes et sexuelles qui les empêchent trop souvent de circuler librement, de travailler, de disposer de leur corps selon leur choix.

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La France proposera ainsi aux gouvernements qui souhaitent avancer avec nous de créer une coalition pour l’adoption de nouvelles lois pour l’égalité entre les femmes et les hommes. 50 % de notre aide au développement sera consacré à des projets permettant de réduire les inégalités de genres.
Nous devons aussi relancer la mobilisation contre les inégalités en matière de santé à l’échelle internationale. Nous accueillerons en 2019 à Lyon la conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Nous reprendrons l’initiative sur la lutte contre les faux médicaments et nous intensifierons notre action face aux grandes pandémies. J’appelle ici chacun à la mobilisation.
Nous devons enfin lutter, avec le sens de l’urgence chevillée au corps, contre les inégalités environnementales. Il n’est pas acceptable que 45 % des émissions de gaz à effet de serre soient produites par 10 % des habitants les plus riches de la planète. Il n’est pas efficace, comme c’est le cas pour le solaire, que les pays qui ont le plus gros potentiel et les plus grands besoins soient ceux qui aient le moins accès aux technologies adaptées.

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La décomposition annoncée de l’Accord de Paris a été déjouée, parce que nous avons su rester unis, malgré la décision américaine de s’en retirer. Cette force doit continuer de nous porter pour conjurer tous les fatalismes.
On nous dit que les solutions existent, mais que les financements ne sont pas au rendez-vous. Alors allons les chercher, innovons. C’est ce que nous avons fait l’an dernier à Paris, le 12 décembre, avec beaucoup d’entre vous, au Sommet One Planet, avec des engagements concrets et des premiers résultats. C’est ce que nous avons fait en début d’année à Delhi avec l’Alliance solaire internationale. C’est ce que nous ferons encore demain à New York, avec la deuxième édition du Sommet One Planet.
On nous dit qu’il est déjà trop tard, que nous ne tiendrons pas les objectifs. Alors accélérons, adoptons ensemble les règles d’application de l’Accord de Paris, à la COP 24 en décembre. Mettons en œuvre le protocole contre les gaz HFC qui pourrait nous faire baisser d’un degré la température moyenne de la planète d’ici à 2050. Fixons-nous pour objectif de conclure en 2020 un projet de pacte mondial pour l’environnement ambitieux, de faire de la COP de Pékin sur la biodiversité et le Congrès mondial de l’UICN en France en 2020 des étapes décisives.

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La France continuera d’exercer, avec tous ceux qui le veulent, le leadership mondial de ce combat. Nous travaillerons au G7 pour que les engagements pris à la COP 21 soient revus à la hausse et si l’un des membres ne veut pas avancer, nous avancerons quand même, en allant chercher de nouvelles coalitions, de nouveaux formats. Parce que la vocation du G7 est de rester un groupe uni de pays attachés à la démocratie. Mais il doit aussi aujourd’hui contribuer à créer de nouvelles coalitions qui permettent d’avancer et de recomposer le système collectif mondial.

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Pour gagner contre les inégalités, nous devons changer de méthode et d’échelle. D’abord, revoir nos règles en matière commerciale comme en matière sociale, nous devons, plutôt que poursuivre le protectionnisme, œuvrer tous ensemble pour revoir en profondeur les règles de l’OMC. Nous devons restaurer la capacité de l’OMC à résoudre les conflits, à édicter des règles pour traiter les pratiques commerciales déloyales, le non-respect de la propriété intellectuelle, les transferts de technologies forcés qui ne permettent plus de lutter à armes égales.
Dès cette année, le G20 en Argentine doit nous permettre de disposer d’une feuille de route crédible pour refonder l’OMC.
C’est aussi ce que nous aurons à faire sur le plan social, l’année prochaine, lors du centenaire de l’Organisation internationale du travail.

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[Nous] devons faire toute sa place à l’Afrique, pour que son rôle soit central dans la recomposition du système international. Ce n’est pas seulement sur ce continent que nous gagnerons ou que nous perdrons collectivement notre grande bataille contre les inégalités. C’est avec ce continent.
Car, c’est bien aujourd’hui en Afrique que l’on trouve les plus fervents défenseurs du multilatéralisme, de l’intégration régionale. Car nos partenaires africains ont bien compris que c’est ensemble que nous serons en mesure de relever nos défis communs. Et c’est aussi à cette nouvelle alliance avec l’Afrique que la présidence française du G7 s’attèlera.

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C’est pourquoi nous soutiendrons les agences qui œuvrent à un projet de paix et d’humanité : l’UNESCO, cette conscience même des Nations unies, le Conseil des droits de l’Homme, la Cour pénale internationale, l’UNRWA pour laquelle nous augmenterons notre contribution car je le rappelle ici, il s’agit simplement de permettre à des centaines de milliers d’enfants d’aller à l’école. Rien de moins, rien de plus.
Nous défendrons l’élargissement du Conseil de sécurité dans les deux catégories de ses membres pour que sa composition reflète les équilibres contemporains et qu’il se renforce comme lieu de la concertation et non de l’obstruction.
Nous ferons en sorte que d’ici à la fin de l’année dans cette assemblée générale, les deux tiers de ses membres, puissent soutenir l’encadrement du droit de veto en cas d’atrocité de masse.
Nous défendrons le droit international humanitaire en soutenant les personnels qui prennent tous les risques pour aider les civils sur le terrain en négociant un par un les accès humanitaires dans tous les théâtres.
Nous rappellerons lors du 70e anniversaire de la Déclaration de 1948 que les droits de l’Homme ne sont pas un fait culturel, des valeurs ou des options révocables, mais un corpus juridique consacré par des traités internationaux auquel les membres de cette assemblée ont librement consenti. Nous rappellerons que leur universalité n’est pas contraire à la souveraineté des peuples mais qu’elle est la seule condition possible de la préservation et de l’exercice de leurs droits.

(…)

Dans quelques semaines, le 11 novembre 2018, le Forum de la Paix à Paris sera l’opportunité d’un sursaut d’intelligence et de courage pour retrouver ce qui nous tient ici ensemble. Ce doit être l’occasion de renouveler et de ressourcer, unis par les tragédies du XXe siècle, notre serment de préserver les générations futures du fléau de la guerre. Je veux qu’avec nos homologues, nous prenions ensemble les responsabilités nouvelles pour tracer au cours de ce Forum la voie d’actions concrètes au service de la paix.

publié le 04/10/2018

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