Panorama de la coopération scientifique et technologique franco-suisse

Relations bilatérales

La France et la Suisse sont caractérisées par un niveau scientifique et technologique élevé et une forte présence dans la coopération internationale. Elles partagent le même objectif stratégique : assurer la compétitivité économique à long terme par la valorisation de la recherche et de la technologie. Les relations entre les acteurs français et suisses sont nombreuses, marquées par des contacts directs, non pilotés par le haut. A ce jour, les échanges franco-suisses sont plus denses avec la Suisse romande, mais progressent avec la Suisse alémanique. Le volume des copublications scientifiques est satisfaisant : la France est le 3ème partenaire de la Suisse, derrière l’Allemagne et les États-Unis, et la Suisse est le 7ème partenaire de la France. La France est également le 3ème partenaire de la Suisse, derrière l’Allemagne et les États-Unis, pour les programmes généraux de recherche du Fonds national suisse pour la Recherche scientifique (FNS).

Instruments bilatéraux

Le Partenariat Hubert Curien - Programme « Germaine de Staël » (PHC)

Coopérations entre la Suisse et les organismes de recherche français

Le CNRS (Centre national de la recherche scientifique)

A ce jour, on dénombre plusieurs centaines de projets de recherche collaboratifs entre le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et les laboratoires suisses. La Suisse (hors CERN) est la 6ème destination de missions pour les chercheurs du CNRS, accueillant 5% du volume mondial des missions.

Il existe 15 actions de collaborations structurées entre le CNRS et la Suisse, réparties comme suit :

  • -8 groupements de recherche européens (GDRE/I),
  • -6 Programmes internationaux de coopérations scientifiques (PICS) (1 en sciences du vivant, 4 en physique et 1 en écologie et environnement).
  • 1 Laboratoire International Associé (LIA)

Depuis 1995, le CNRS entretient avec la Suisse une coopération dynamique au niveau de l’Arc jurassien, dans le domaine des Microtechniques. Crée en 2013, le Collégium International franco-suisse SMYLE (SMart sYstems for a better LifE) vise à soutenir le triptyque Formation - Recherche - Innovation, dans le domaine des sciences et des technologies de l’ingénieur.
Ce premier Collegium International du CNRS regroupe :

- le CNRS,

- l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et des microtechniques de Besançon (ENSMM),

- l’Université de Franche-Comté (UFC),

- l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM),

- l’institut Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique - Sciences et Technologies (FEMTO-ST), sous tutelle du CNRS, de l’ENSMM, de l’UFC et de l’UTBM,

- la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, (STI EPFL), comprenant l’Institut de Microtechniques de Neuchâtel.

Le Collegium SMYLE porte notamment le projet "IGNITION" qui vise à favoriser le transfert des avancées technologiques issues des laboratoires en direction des entreprises, du milieu médical, des citoyens, soutenu par le programme INTERREG France-Suisse 2014-2020. La convention du Collegium doit être renouvelée en 2018.

Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives)

Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) entretient des contacts privilégiés avec les équipes de recherche suisses, en particulier avec les équipes du Centre suisse d’électronique et de microtechnique de Neuchâtel (CSEM). Ainsi, depuis 2001, le CEA et le CSEM développent une plateforme conjointe en microtechnique. Une coopération renforcée, le 17 janvier 2006, avec la signature par le Laboratoire d’Electronique et de Technologie de l’Information (Leti), dépendant du CEA, le CSEM et l’Alliance microtechnique de la Fraunhofer Gesellschaft (VµE) d’Allemagne d’un accord créant l’un des plus importants réseaux en micro et nanotechnologies au niveau mondial : la Heterogeneous Technology Alliance (HTA).
En 2008, la HTA a intégré le Technical Research Centre of Finland (VTT) créant un groupement comparable aux pôles d’Albany (USA) ou de Taïwan.

Les autres agences françaises de recherche

La quasi-totalité des agences françaises de recherche sont en contact avec des institutions suisses :
- l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) – 301 partenariats avec des laboratoires suisses, dont un laboratoire européen associé avec l’Université de Fribourg (la Suisse représente son 6ème partenaire mondial),
- l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea – ex CEMAGREF) – 30 partenariats environ avec des laboratoires suisses,
- l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) – 20 partenariats environ avec des laboratoires suisses,
- l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR),
- le Bureau de Recherches géologiques et minières (BRGM),
- le Centre de coopération internationale en Recherche agronomique pour le développement(CIRAD),
- l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer),
- l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria),
- l’Institut Pasteur,
- l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV),
- l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Coopération transfrontalière

La proximité géographique entre la France et la Suisse permet la mise en place de collaborations denses entre régions voisines.

La communauté du savoir

La communauté du savoir CdS est le réseau visant à renforcer et valoriser les coopérations franco-suisses dans l’Arc jurassien, dans la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation. Son territoire couvre actuellement la Franche-Comté côté français et les cantons de Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud côté suisse.
Elle offre un cadre de coopération pour garantir la pérennité des collaborations franco-suisses existantes, passer de projets ponctuels à des grappes de projets, permettre l’émergence de nouveaux projets et affirmer une excellence territoriale.
Le projet est soutenu par le biais d’un financement Interreg V France-Suisse.

Eucor

Eucor – le Campus européen (http://www.eucor-uni.org/fr) est depuis décembre 2015 un groupement européen de coopération territoriale (GECT) du Rhin supérieur, qui associe les Universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Haute-Alsace et Strasbourg ainsi que le « Karlsruher Institut für Technologie ». Issue d’une longue coopération dans la région du Rhin supérieur, il vise à constituer un espace scientifique et académique sans murs ni frontières, à rayonnement international. Sa forme juridique permet la coopération dans les domaines de la recherche et de l’enseignement tout en maintenant l’autonomie des universités.

Actions du Service de Coopération dans le domaine scientifique et technologique

- Lien vers les Actions du Service de Coopération dans le domaine scientifique et technologique

Relations multilatérales

Quelques uns des principaux programmes multilatéraux

- l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN)

- la Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique (COST)

- le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL)

- l’Observatoire européen austral (ESO)

- l’Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF)

- l’Institut Laue-Langevin (ILL)

Exemples de coopération internationale

ITER

Le réacteur expérimental international Thermonucléaire (ITER) est, à ce jour, le plus important projet au monde de réacteur expérimental à fusion nucléaire. Il rassemble l’Union européenne, la Suisse (toutes deux représentées par EURATOM), le Japon, la Chine, l’Inde, la Corée, la Russie et les Etats-Unis. Ce réacteur expérimental, basé sur la technologie du Tokamak, est actuellement en construction en France, à Cadarache, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sera utilisé, à terme, pour mettre au point un réacteur thermonucléaire permettant la production massive d’énergie.

Les coûts d’ITER sont estimés à cinq milliards d’euros de construction sur 10 ans, auxquels s’ajoutent cinq milliards d’euros d’activité pour une période de 20 ans. La Suisse, qui soutient le projet depuis son origine, participe, depuis 2007, à la construction du réacteur. A terme, elle s’est ainsi engagée à financer le projet à hauteur de 18,6 millions d’euros. Parallèlement, depuis 2007 et jusqu’à 2013, la Suisse soutient ITER/Broader Approach, à hauteur de 2,86 millions d’euros par an.

Les Rencontres franco-suisses de coopération universitaire, scientifique et technologique

La coopération universitaire, scientifique et technologique franco-suisse est très décentralisée. Les acteurs étatiques ont pour rôle de garantir un cadre politique le plus libéral et le plus flexible possible pour faciliter les relations. Ils interviennent également pour mettre en relation des acteurs lorsque cela leur semble utile. Les deux gouvernements et les organismes publics se rencontrent tous les deux ans lors des « Rencontres franco-suisses de coopération universitaire, scientifique et
technologique ».

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15e rencontre franco-suisse de coopération universitaire, scientifique et technologique
© Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (droits réservés)

Ouverte à Paris le 7 décembre 2016 par M. Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et M. Mauro Dell’Ambrogio, secrétaire d’État suisse à la Formation, la Recherche et l’Innovation, la 15e rencontre franco-suisse de coopération universitaire, scientifique et technologique a permis de souligner la qualité et l’intensité des relations bilatérales dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation.
Depuis leur création en 1984, ces rencontres permettent de promouvoir le dialogue dans le domaine de la formation et de la recherche. La Suisse et la France sont des partenaires scientifiques de premier plan, qui peuvent compter sur des échanges intenses et de très haute qualité, la mobilité étudiante est également importante entre les deux pays.
Les institutions académiques suisses et françaises ont de très nombreux accords qui permettent de faciliter les collaborations et de développer des programmes et des diplômes communs. Ces dernières années, plusieurs initiatives transfrontalières, dont EUCOR-Le Campus européen, ou la Communauté du savoir dans l’Arc Jurassien ont également émergé afin de favoriser les synergies et de tirer profit de la proximité territoriale.
Le rapprochement qui s’est opéré entre les agences de financement de la recherche, qui réduit les obstacles administratifs pour les chercheurs et témoigne de la confiance réciproque, est un pas ultérieur important dans les relations.
La 15e Rencontre franco-suisse de coopération universitaire, scientifique et technologique a réuni des représentants des établissements français de haut niveau et leur a permis de réaffirmer leur intérêt mutuel en partageant les défis auxquels ils sont confrontés et en évoquant des pistes possibles afin d’intensifier la mobilité, la circulation du savoir et les projets communs.
L’Académie française des sciences, qui a célébré ses 350 ans en 2016 et l’Académie suisse des sciences naturelles, qui a fêté ses 200 ans en 2015, y ont été mises à l’honneur.
A également été discutée la collaboration au sein des organisations et des infrastructures multilatérales, telles que le CERN ou l’ESA, dans lesquelles les deux pays sont très actifs.

publié le 18/10/2017

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