Rencontre avec l’écrivain Louis-Philippe Dalembert, lauréat 2019 du Choix Goncourt de la Suisse

Vendredi 19 mars s’est tenue dans le cadre de la Semaine de la Langue française et de la Francophonie une conférence exceptionnelle avec l’écrivain d’expression française et créole Louis-Philippe Dalembert. A cette occasion, deux étudiantes ayant participé à l’édition 2019 du Choix Goncourt de la Suisse sont revenues avec l’auteur sur son parcours, ses écrits, et les sujets qui lui tiennent à cœur.

Fils d’une institutrice et d’un directeur d’école, Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince en 1962. Il a travaillé comme journaliste en Haïti, avant de poursuivre ses études à l’Université Paris-III – Sorbonne nouvelle, où il obtient un doctorat en littérature comparée sur l’œuvre de l’auteur cubain Alejo Carpentier. Écrivain en résidence à Rome ou Jérusalem, il est également professeur invité dans diverses universités aux États-Unis et en Europe : dans le Wisconsin à Milwaukee, à la Freie Universität de Berlin, ou encore à l’Université de Berne, en 2015.

En 1982, Louis-Philippe Dalembert publie son premier recueil de poésie, Évangile pour les miens, et en 2006, son premier roman, Le crayon du Bon Dieu n’a pas de gomme. Au fil de ses publications, les thèmes du voyage et de la migration occupent une place fondamentale. En 2019, Mur Méditerranée, tragédie sur l’immigration parue aux éditions Sabine Wespieser, est présélectionné par l’Académie Goncourt, puis nommé lauréat du Choix Goncourt de la Suisse.

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Interrogé par deux étudiantes ayant participé à l’édition 2019 de ce jury étudiant, Marie Dolores Morales (Université de Bâle) et Fatma Buhurcu (Université de Zurich), Louis-Philippe Dalembert est revenu sur la récurrence du thème de l’exil dans ses écrits et la place de la mer dans son inspiration, ainsi que sur les phases de documentation, effectuées à Lampedusa (Italie), qui ont précédé Mur Méditerranée.

Étudiantes et écrivain ont ainsi longuement échangé sur les intersections entre journalisme et littérature, mais aussi sur la question du devoir de mémoire, le choix de mettre en lumière des personnages féminins, ou encore la place de la religion dans l’œuvre de l’auteur. Enfin, Louis-Philippe Dalembert est revenu sur la création littéraire elle-même, et plus spécifiquement le choix de la langue, créole ou française, au moment d’écrire.

Sur la plateforme Zoom, devant un public de 68 personnes, qui a lui-aussi posé ses questions en dernière partie, l’auteur Louis-Philippe Dalembert a partagé avec une grande générosité son rapport aux langues, à la littérature, à l’écriture, aux sujets qui l’animent, et aux références qui lui sont essentielles. Derek Walcott, auteur du poème épique Omeros, une adaptation de l’Iliade dans les Caraïbes, a été mentionné à plusieurs reprises. Si, pour ce poète et dramaturge de Sainte-Lucie, « La mer est l’Histoire », pour Louis-Philippe Dalembert, il ne fait aucun doute que l’« on est tous sur le même bateau », et que la littérature est là pour témoigner. La conférence a pris fin sur un conseil : « si vous voulez écrire, commencez par lire, lire et lire encore ».

Cette conférence a eu lieu dans le cadre de la Semaine de la Langue française et de la Francophonie -SLFF-, coordonnée en Suisse par la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin -CIIP-. Initialement prévue au mois de mars 2020 à l’Université de Neuchâtel, elle a finalement pu se tenir dans un format virtuel dans le cadre de l’édition 2021 de la SLFF.

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Créé en 2015, le Choix Goncourt de la Suisse rassemble des étudiants de toutes les régions linguistiques suisses au sein de sept universités (Bâle, Berne, Fribourg, Neuchâtel, Zurich, Suisse italienne) et de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Parrainé par l’Académie Goncourt à Paris, ce prix est soutenu par l’Agence Universitaire de la Francophonie, Payot Libraire, l’Association des membres de l’Ordre des Palmes académiques - Section de Suisse, et la Fondation Catherine Gide.

publié le 15/04/2021

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