Une saison française au théâtre de Berne

Berne – José Zenger est la programmatrice de la Nouvelle scène, la saison théâtrale française de Berne. Elle officie pour l’institution du Konzert Theater Bern pour proposer une sélection d’œuvres représentatives des scènes françaises et suisses romandes.

Pouvez-vous évoquer les origines de la programmation Nouvelle scène à Berne ?

JPEGPour cela, il faut remonter à la création dès 1919, des Galas Karsenty qui, dans l’entre-deux-guerres, ont lancé des tournées internationales de spectacles français de grande qualité. Ils venaient notamment à Bâle, Berne, Zurich, Lausanne et Genève. Malheureusement, la programmation des Galas Karsenty a quelque peu périclité, car ils n’ont pas su prendre le virage artistique des années 68.
Cependant, ils ont assuré la promotion de la culture théâtrale française à travers le monde jusqu’à la fin des années 70 et ont contribué à la faire perdurer dans plusieurs villes alémaniques en Suisse. Quand je suis venue habiter à Berne, j’ai simplement voulu reprendre le flambeau de façon différente, en allant chercher des productions de styles très divers, en France mais aussi en Suisse romande. Dans les années 80, je suis allée présenter un projet auprès des autorités cantonales et municipales bernoises qui ont été séduites et ont accordé une garantie de déficit. La direction du Théâtre de Berne m’a également fait confiance. Dès 1981-82 la première saison a été lancée, basée sur un théâtre d’auteurs et de textes.

Vous voulez dire que cette programmation perdure depuis 1981 ?

Tout à fait. 36 ans que ça dure !
Il est vrai qu’il y a eu une grande période avec 12 spectacles par saison. Par la suite, la voilure a dû être réduite pour des raisons budgétaires. Nous sommes désormais stabilisés à 7 ou 8 spectacles par saison.
Et chaque année, je mesure combien il est formidable que la Nouvelle scène reprenne. Avouez, c’est formidable que ça existe ! D’autant que ça n’est pas une mince affaire dans une ville de langue allemande !

Justement, le public est-il toujours au rendez-vous ?

Il y a une longue tradition de francophilie à Berne. Il y a 20 ans, vous pouviez sans problème vous adresser en français dans un magasin. Aujourd’hui, c’est moins le cas. Mais il reste des familles bernoises francophones depuis plusieurs générations. Il y a également des entreprises françaises et des institutions, comme l’Union postale universelle ou certaines ambassades dont la langue officielle est le français.
Cependant, il est vrai que la population francophone a diminué à Berne, car quand j’ai commencé avec la Nouvelle Scène, on comptait grosso modo avec les environs de la ville quelque 20 000 francophones. Parmi eux, beaucoup de fonctionnaires fédéraux, notamment, car ils avaient l’obligation d’habiter la capitale. Lorsqu’ils n’ont plus eu cette obligation, beaucoup d’entre eux sont restés en Suisse romande.

Quelle est votre conception de base pour la programmation ?

JPEGMon ambition est d’offrir aux spectateurs une programmation leur permettant de garder le contact avec la culture française. Il faut que les styles de théâtre et d’écritures soient variés et que la qualité tant au niveau de l’écriture que de la réalisation artistique soit irréprochable. En principe, chaque fois que c’est possible, nous privilégions les auteurs de langue française. J’ai de nombreuses contraintes (techniques, dates, budget, circuits de tournée, etc), mais j’essaie de proposer aux francophones de Berne une sorte d’échantillon de ce qui se fait de meilleur en France et en Suisse romande.

Dans la saison 2017-2018, quelle pièce recommandez-vous particulièrement ?

Vous savez, c’est comme une mère avec ses enfants. Si on a composé cette programmation, c’est qu’on aime chaque œuvre, avec ses spécificités.
Ce que je peux dire, c’est que je suis très contente de présenter des spectacles de haut niveau. Nous allons notamment recevoir ce phénomène qu’on appelle Michalik. Alexis Michalik, c’est le grand nom actuel du théâtre, tant sur la scène française qu’internationale. Nous suivons ses productions depuis le début. Il réussit à faire des vedettes de ses spectacles, alors qu’ils ne contiennent aucun élément phare pour attirer les spectateurs - sinon la qualité et l’originalité !
Nous allons également accueillir des artistes de renom : Macha Méril, Natalie Dessay, Clémentine Célarié, Pierre Cassignard… Leur présence sur scène participe aussi du plaisir du spectateur qui aime voir « en vrai » des personnalités connues.

Retrouveztous les détails de la programmation en ligne

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3 décembre - Le chant du cygne , d’Anton Tchékov
Un théâtre, la nuit. Un vieil acteur s’est endormi dans sa loge après la représentation et se retrouve enfermé. L’obscurité, la solitude dans un lieu habituellement si animé le poussent à faire un retour sur sa vie de saltimbanque, quand paraît le souffleur qui, en cachette, dort toutes les nuits dans le théâtre. Et les voilà embarqués dans des confidences et des souvenirs mêlant considérations sérieuses et digressions loufoques…
Création originale et mise en Scène Robert Bouvier, avec Roger Jendly, Adrien Gygax

29 janvier 2018 - Lucrèce Borgia , de Victor Hugo
Dans toute l’Italie, Lucrèce Borgia est considérée comme une femme puissante aux mœurs dissolues, qui élimine tous ceux qui lui déplaisent. Sa réputation, ses actes, sa personnalité sont le sujet de bien des commérages et l’objet de bien des haines. Discrètement, elle s’intéresse au jeune Gennaro. Mais celui-ci découvre, à travers les moqueries de ses camarades, que l’inconnue qui semble chercher à le séduire est Lucrèce. Fou de rage et d’humiliation, il va commettre des actes qui les entraîneront tous deux dans des situations dramatiques.
Mise en Scène et scénographie Jean-Gabriel Chobaz, avec Isabelle Bosson, Pierre Banderet, Frank Michaux, Chady Abu-Nijmeh, Raphaël Bilbeny, Jonathan Diggelmann, Daniel Jeanloz, Damien Naimi, Stéphane Rentznik, Jean-Marie Hérouin, Paola Landolt

25 février 2018 - Légende d’une vie , de Stefan Zweig
Pas facile d’être le fils d’un homme célèbre, gloire de la littérature, adulé pour son talent, son charisme et ses multiples succès. D’autant moins facile quand on aspire à suivre ses traces – du moins c’est ce que souhaite la famille. Mais est-ce vraiment le but du jeune Friedrich ? Alors que tout est prêt pour présenter sa première œuvre en lecture publique, les réticences l’assaillent.
Mise en Scène Christophe Lidon, avec Nathalie Dessay, Macha Méril, Gaël Giraudeau, Bernard Alane, Chloé Berthier

9 mars 2018 - Edmond , d’Alexis Michalik
Vingt-neuf ans, marié, deux enfants. Ses pièces ne marchent pas, même la dernière en date jouée par la grande Sarah Bernhardt. Il écrit en vers, ce qui est considéré par le métier comme un peu ringard. Il s’appelle Edmond Rostand. Sarah Bernhard veut l’aider et lui offre l’occasion de rencontrer le célèbre acteur et directeur de théâtre Constant Coquelin : celui-ci cherche une pièce originale et Edmond lui promet une comédie héroïque. Le problème c’est qu’elle n’est pas écrite, qu’il n’a pas la moindre idée de l’histoire qu’il va raconter et que, déprimé par ses insuccès et ses dettes, il est non seulement en panne d’inspiration, mais aussi de confiance en soi…
Mise en Scène Alexis Michalik, avec Anna Mihalcea, Christian Mulot, Christine Bonnard, Guillaume Sentou, Jean-Michel Martial, Kévin Garnichat, Nicolas Lumbreras, Pierre Benezit, Pierre Forest, Régis Vallee, Stéphanie Caillol, Valérie Vogt, Eriq Ebouaney

25 avril - Hôtel des deux mondes , d’Eric-Emmanuel Schmitt
Il ne se souvient de rien, sinon d’avoir roulé rapidement avec sa voiture. Et le voilà qui sort d’un ascenseur et se retrouve dans une sorte d’hôtel. A moins qu’il ne s’agisse d’une clinique, puisque le personnel l’informe qu’il verra le docteur plus tard. Il n’est pas seul, d’autres clients semblent aussi attendre. Curieux mélange : un PDG, une femme de ménage, un voyant, entre autres… Chacun essaie de savoir où il en est, ce qui l’attend, chacun épie les mouvements de l’ascenseur qui amène ou emmène les clients. Et puis Laura va arriver…
Mise en Scène Anne Bourgeois, avec Davy Sardou, Jean-Paul Farré, Jean-Jacques Moreau, Michèle Garcia, Odile Cohen, Noémie Elbaz, Günther Vanseveren, Roxane Le Texier

22 mai 2018 - Darius , de Jean-Benoît Patricot
Claire écrit à un célèbre parfumeur : « Je suis à la recherche d’un créateur de senteurs. Pour comprendre le sens de ma démarche, il faut que je vous parle de mon fils, Darius. Il a dix-neuf ans. C’est un garçon curieux, qui aime voyager, prendre l’avion et partir. Juste pour aller loin. Ailleurs. » Mais Darius ne peut plus voyager à cause d’une maladie dégénérative, alors Claire a imaginé le moyen de conserver à son fils le goût de la vie à travers ses senteurs, les essences des lieux et des personnes, la mémoire des odeurs et la puissance du rêve éveillé.
Mise en Scène Anne Bouvier, avec Clémentine Célarié, Pierre Cassignard

publié le 03/01/2018

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