« Voir le lauréat en chair et en os »

#GoncourtSuisse - Caroline Hulliger est étudiante à l’Université de Berne. Elle est jurée de la Liste Goncourt / Le Choix de la Suisse et devra donner sa préférence à l’un des 16 auteurs nominés pour le Prix Goncourt en France. Le 2 novembre, elle retrouvera à Berne 9 autres étudiants issus des universités représentant les différentes régions linguistiques de la Suisse (Suisse italienne, Neuchâtel, Fribourg, Berne et Zurich) pour délibérer. L’attribution du prix « Liste Goncourt-le choix de la Suisse » sera annoncée le 8 novembre à la Résidence de France à Berne, en présence de Mme Anne Paugam, Ambassadrice de France en Suisse, de M. Pierre Assouline, écrivain et juré du Prix Goncourt et bien sûr des étudiants.

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Comment avez-vous été embarquée dans l’aventure de la Liste Goncourt / Le choix de la Suisse ?

L’année dernière, j’ai assisté à Berne à la première remise du prix Liste Goncourt / Le choix de la Suisse qui fut attribué à Mathias Énard. J’ai pu voir le lauréat en chair en os, lui parler, faire dédicacer Boussole… Cela a été un moment formidable, car c’est toujours intéressant de rencontrer un écrivain lorsqu’on est étudiante en lettres.
Comme je trouvais dommage que l’université de Berne ne participe pas à ce projet littéraire, j’ai décidé de prendre en charge l’organisation du groupe bernois.

Quelles sont vos missions dans ce projet ?

Je me suis occupée de trouver des étudiants motivés (ce qui n’a pas été très facile vu le nombre de livres à lire en si peu de temps), je suis en contact avec l’Ambassade pour toute l’organisation, j’ai mis en place une rencontre hebdomadaire de notre petit groupe afin que nous puissions discuter de nos lectures.

Quels seront vos critères de sélection ?

Nous avons comme critères le style (vocabulaire, niveau de la langue, longueur des phrases, figures de style), la construction du roman, le genre, le thème et son originalité, le caractère moral de l’œuvre.

Quel est l’intérêt, pour vous, de participer à ce projet ?

Je m’intéresse beaucoup à la littérature contemporaine et ce projet me donne l’occasion de lire des œuvres qu’on ne lirait pas forcément à l’université. Le prix Goncourt étant le plus prestigieux des prix littéraires francophones, c’est pour ma part un honneur d’y participer. De plus, c’est enrichissant de discuter des lectures avec d’autres étudiants.

L’intégralité du discours prononcé par Caroline Hulliger lors de la proclamation de la lauréate, le 8 novembre :

Madame l’Ambassadrice,
Mesdames et Messieurs : Bonsoir à vous tous

En mars 2016, Mathias Énard était à Berne pour recevoir le prix « Liste Goncourt / Le choix de la Suisse 2015 » qui lui avait été attribué par un jury composé d’étudiants des Universités de Fribourg, Neuchâtel et de la Suisse italienne.
Ce soir-là, j’étais présente. En tant qu’étudiante en littérature française, mais également en tant que lectrice qui s’intéresse beaucoup à la littérature contemporaine, cela fut pour moi un vrai plaisir de voir le lauréat du Goncourt en chair et en os, de pouvoir lui parler et de me faire dédicacer Boussole. En effet, à l’université, on n’a pas souvent l’occasion de rencontrer des auteurs. Et puis, la littérature contemporaine n’est que très peu traitée dans les cours de littérature à l’université. Le projet « Liste Goncourt / Le choix de la Suisse » est donc un vrai enrichissement pour nous, étudiants en littérature. C’est l’occasion d’utiliser notre savoir en littérature, mais également de donner libre cours à nos opinions et d’en discuter vivement. C’est l’obligation de parler pour trouver le compromis.
Comme l’université de Berne ne participait pas encore à ce projet littéraire l’année dernière, et que – vous l’avez sûrement compris – j’avais très envie d’y participer, j’ai pris l’initiative d’organiser un groupe de lecture à l’université de Berne. Même si cela n’a pas été facile de trouver des étudiants motivés à faire un grand travail de lecture en tout début de semestre à côté des horaires déjà très chargés, nous nous sommes finalement retrouvés à trois chaque semaine à l’Unitobler pour parler de nos lectures, nous découvrir aussi. Comme nous n’étions qu’un très petit groupe, nous avons eu chacun beaucoup à lire. Entre la mi-septembre et le 21 octobre, j’avais constamment un des livres de la première sélection pour le Prix Goncourt 2016 dans mon sac. Ou quand la littérature devient compagne et le livre compagnon de route. J’ai lu dans le bus, à la bibliothèque, dans mon lit, entre deux cours ou au bureau quand j’avais une pause.
Je ne vais pas vous le cacher : je suis très fière que l’Université de Berne ait participé cette année pour la première fois à cette magnifique aventure. Non seulement, elle a été enrichissante d’un point de vue littéraire, mais également d’un point de vue humain. La littérature vit à travers celles et ceux qui l’écrivent et la lisent. Et elle est encore plus vivante lorsqu’elle réunit des étudiants des Universités de Fribourg, Neuchâtel, Zurich, Berne et de la Suisse italienne qui ne se seraient sûrement jamais croisés sans ce projet. Et puis c’est aussi la joie de partager une passion avec d’autres étudiants, le plaisir de lire, de débattre, d’échanger des impressions entre trois régions linguistiques de la Suisse. En soi une certaine définition de la littérature : celle qui construit des ponts culturels et crée des liens.

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publié le 10/11/2016

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